NE RIEN FAIRE

S’allonger et contempler ses orteils. Laisser la vie couler en nous comme l’encre de nos désirs, de nos émotions, de nos rêves. Ne rien faire, laisser passer. Oublier jusqu’à son propre nom, sa propre histoire pour ne faire qu’un avec l’instant.

Peut on s’autoriser cela, ce cadeau, cet instant comme un présent ? Qu’est ce qui justifie une telle attitude ? A quoi cela peut il servir ? Et qu’est ce qui, au contraire, l’empêche ?

Pourquoi ne pas y être sans cesse ? La vie semble osciller entre désir de mouvement et désir d’immobilité, tout en maintenant les choses stables.

Ainsi, ne rien faire est à la fois notre rêve et s’y installer longtemps source d’impatience et d’ennui.

Serons nous toujours pris dans ces pôles ? Probablement, comme un mouvement de pendule ou le ressac des vagues.

Car les cycles sont inhérents à l’existence. Processus de construction, déconstruction, naissance, mort, joie, tristesse…. Alors l’acte de méditer qui ressemble à ne rien faire, serait la volonté, l’entrainement à s’installer entre deux roues, entre deux vagues, entre l’inspiration et l’expiration…

Pouvoir élargir l’espace entre deux pensées, laisser respirer, se dégager de ce qui constitue le fouillis du monde, de la créativité incessante en soi et autour de soi.

Ne rien faire n’est pas un défi, ne rien faire n’est pas une performance ou une contrainte. C’est plutôt prendre place dans un canapé douillet et regarder le film du vivant.

Il est tellement plus beau que si on avait le nez collé sur l’écran de télévision.

Ne rien faire, c’est participer pleinement en toute conscience, à ce qui se déploie et qui est toujours nouveau. Le temps est une succession d’instants présents qui, depuis toujours, n’ont jamais été les mêmes.

Ainsi, si nous commençons à contempler le réel, nous pourrions avoir quelques surprises et découvrir que les lunettes avec lesquelles nous voyons le monde peuvent être enlevées.

Méditer ouvrirait donc l’espace des possibles par la largeur panoramique du point de vue.

Ainsi, ne rien faire est tout sauf de la paresse, c’est l’acte le plus prolifique qui soit ! Laissons dons les enfants et les ados s’ennuyer, ils apprennent !

Et nous pouvons tous devenir plus vastes et plus riches par cet acte simple de ne rien faire qui est ce qui est, le laisser s’épanouir et s’offrir.

LE CADEAU DE L’ECUME DU TEMPS

Une coupe ébréchée, un miroir terni, un vieux dessin… Autant de trésors inestimables, selon la sagesse japonaise de Wabi Sabi. Ils décorent la maison tout en nous rappelant que la vie est un mouvement permanent.

En vous entourant de matériaux naturels, vous faites entrer chez vous l’énergie et la nature.

Une maison calme et épurée offre tout l’espace nécessaire à la créativité et à la spiritualité.

La simplicité est une richesse. Le wabi sabi est un art très ancien, élaboré par des moines zen japonais.Il célèbre la beauté de l’imperfection, de l’inachevé, du provisoire. Cette philosophie modeste repose sur l’idée que vivre c’est accepter le changement, puisque vivre, c’est justement changer.

L’expression Wabi Sabi signifie d’ailleurs suivre ce qui croise notre route, vivre dans l’instant présent, voir la richesse de la simplicité.

Vue sous cet angle, la beauté du monde se cache dans de petite choses très subtiles, dans des objets qui n’attirent pas l’attention, mais qui attendent patiemment qu’on les découvre.

Une maison inspirée par la sagesse Wabi Sabi respire donc le calme et l’espace. On y donne sa place au passage du temps et donc aussi à la nature, où tout suit le rythme de la vie : grandir, fleurir, lâcher prise, recommencer.

Rien d’étonnant donc que l’on y trouve des matériaux naturels, des fleurs, des coquillages. Des trésors ramassés dans la nature, et des objets qui racontent une histoire. Un apaisement pour l’esprit.

Le Wabi sabi rend hommage à la vie, au temps qui passe. Les meubles changent de place au gré de nos envies, le bois se patine, l’argent se noircit…

Et alors ? Les objets de décoration ont été fêlés, usés, caressés par le temps, et ne s’en cachent pas.

Ce que nous considérons souvent comme des défauts sont, au contraire, des invitations a accepter les choses telles qu’elles sont. Autant de tensions et de stress en moins, autant d’énergie vitale en plus. En outre, l’imperfection nous incite à changer notre regard : qu’est ce que la perfection en fin de compte ?

Le Wabi Sabi trouve notamment sa source dans la cérémonie du thé, un rituel né du japon sous l’influence des moines zen. Le jardin paisible autour de la maison de thé, les courbes naturelles de la théière et des tasses, la lumière en entre par la fenêtre, tout est si raffiné, si évocateur de calme et d’espace, que cette cérémonie devint le moyen idéal d’apaiser l’esprit.

Moins il y a de désordre autour de nous, moins il y en a dans notre tête. En éliminant le superflu et en s’abandonnant à la simplicité on revient à l’essentiel.

Selon le Wabi Sabi il est bénéfique pour apaiser son esprit, de s’entourer d’objets qui retiennent notre attention, comme la flamme de la bougie sur laquelle les moines se concentrent durant la méditation.

Pensez par exemple à des objets qui présentent une aspérité ou une imperfection ou qui racontent une histoire personnelle, photos, livres… Les oeuvres d’art produisent le même effet.

La créativité est d’ailleurs indissociable du Wabi Sabi. Peu importe si un dessin est réussi ou non, ou si ses couleurs sont fanées avec le temps.

Tant que cette image vous émerveille ou vous inspire, elle est parfaite telle qu’elle est.

ECOUTEZ VOTRE CORPS

Notre corps nous dit précisément ce dont il a besoin, mais l’entendons nous ? Sommes nous à l’écoute de ses messages ? Nous nous laissons généralement guider par l’heure de notre agenda plutôt que par notre propre corps qui est pourtant notre boussole interne.

Nous mangeons parce que c’est l’heure du repas ou par simple habitude. Essayez de ressentir le moment ou votre estomac a besoin d’être nourri et non rempli.

Bien souvent, nous mangeons par ennui ou parce que nous avons besoin d’autre chose, comme d’amour, de bonheur, de compréhension de chaleur ou d’inspiration.

Manger pour se consoler, se rassurer peut parfois être agréable, mais cela ne résout rien. Par conséquent, asseyez vous tranquillement, fermez les yeux et essayez de réfléchir à ce dont vous avez réellement besoin. Buvez d’abord un grand verre d’eau (pas trop froide).

La plupart des gens ne boivent pas assez et confondent la soif et la faim. Buvez au moins six verres d’eau par jour, le premier au matin, juste après le lever (avec le jus d’un demi citron éventuellement).

Si vous vous sentez fatigué, vous avez peut être simplement besoin d’une petite sieste.

L’air est également très nourrissant : la respiration est une source considérable d’énergie. La majorité d’entre nous n’utilisent qu’une petite partie de leur capacité pulmonaire. Lorsque la respiration est superficielle, le corps est mis en veille. Une respiration profonde, en inspirant par le nez et en utilisant la cage thoracique et le ventre, augmente la quantité d’oxygène présente dans les vaisseaux sanguins, ainsi que dans les muscles et les organes. Vous aurez automatiquement plus d’énergie.

Et comme le dit un vieux proverbe indien : « il y a une grande différence entre nettoyer le centre de la pièce et la nettoyer dans tous les recoins ».

Une bonne respiration est l’apport énergétique le plus important dont nous puissions nous doter.

NOURRISSEZ VOUS DE LUMIERE

Toute la vie sur Terre est imprégnée d’une énergie sacrée appelée chi, ki ou prana. Cette énergie se diffuse dans les canaux énergétiques de notre corps, les « méridiens » en médecine orientale.

Une mauvaise alimentation, le stress et les substances toxiques, les pensées, les émotions négatives bloquent ces canaux et empêchent notre énergie de se diffuser.

Le manque de vitalité accroît notre besoin de sucre et d’aliments préparés, qui à leur tour intensifient cette sensation de fatigue.

C’est donc un cercle vicieux.

Tout l’art réside donc dans l’entretien d’une bonne vitalité. Passer du temps dans la nature est déjà un pas dans la bonne direction. l’air frais et la lumière du soleil sont source d’énergie ; la vie sur Terre serait impossible sans soleil.

Avec l’oxygène et l’eau, la lumière constitue notre alimentation de base.

Certains êtres très spirituels vivent même essentiellement de ces trois éléments. Il ne s’agit pas de suivre leur exemple, mais d’en retenir les principaux enseignements : opter pour des aliments qui renferment la lumière du soleil, comme les céréales, les fruits et les légumes biologiques.

Chaque couleur des fruits et des légumes possède ses propres nutriments spécifiques et bienfaisants. Les différentes couleurs représentent l’ensemble du spectre lumineux.

Mais le lait d’un animal qui vit à l’extérieur et mange de l’herbe fraîche contient aussi beaucoup d’énergie.

Si vous mangez des aliments vivants, vous aurez de moins en moins besoin de produits transformés donc « sans vie« .

Plus votre mode de vie sera naturel, plus vous ressentirez la vitalité et plus vous aurez d’énergie pour vivre pleinement votre vie.

« Qui sont nos ennemis ? Nos sens lorsqu’ils ne sont pas maîtrisés.

Qui sont nos amis ? Nos sens lorsqu’ils le sont »

SAKHARA

SE MOUVOIR ET ÊTRE EMU

Tous le éléments terrestres jusqu’à la plus petite cellule, sont en mouvement. La vie est mouvement. Il est donc essentiel de bouger suffisamment pour gagner en vitalité, tant au niveau physique que mental.

Mais qu’entend on par bouger suffisamment ? Il suffit de retenir ceci : l’inactivité et l’excès nuisent en tout. Il est préférable de bouger tous les jours une heure plutôt que de faire une activité extrêmement intense une fois par semaine.

Privilégiez les activités extérieures: une promenade avec le chien, une balade à vélo, un footing ou une marche rapide.

L’important est que votre rythme cardiaque augmente légèrement et progressivement, que la sueur se contente de perler dans votre dos et sur votre front.

Surtout, choisissez un sport que vous aimez. Mais se sentir bien dans sa peau passe aussi par la souplesse du corps.

Par conséquent, des activités telles que le yoga, le Pilates et la dans sont excellentes pour assouplir le corps et l’esprit.

En effet, l’âme aime aussi être émue.

Pour cela, ne soyez pas trop strict envers vous même et faites des choses qui vous intéressent et vous touchent. Suivez ce que vous dit votre coeur, laissez vous porter et osez prendre des risques.

Si votre vie a un sens, votre existence aune raison d’être. Et c’est la meilleure alimentation qui soit.

FAIRE PLACE AU CALME ET A L’ESPACE

« Un esprit sain dans un corps sain ». Cette maxime universelle peut également être lue en sens inverse.

Il est important de comprendre comment le corps et l’esprit s’influencent mutuellement. Outre une bonne digestion des aliments, il est tout aussi essentiel de pouvoir « digérer » les problèmes émotionnels.

Plus vous serez en mesure de pardonner aux autres et à vous même, d’accepter certaines situations, de vous en remettre à la vie et de surveiller vos limites, moins vous serez stressé.

Le stress de longue durée peut entraîner une prise de poids.

Comment vous libérer de pensées et de sentiments qui vous rongent ? En cherchant le calme, par la méditation, la promenade, le yoga, l‘hypnose

Le calme est un besoin primaire propice à la réflexion, au repos, à la création. Il s’agit donc donc d’un ingrédient essentiel de notre alimentation spirituelle. Sans calme et sans détente, nous perdons notre vitalité.

Une maison bien rangée donne une sensation d’espace et d’apaisement. Le jeûne est également créateur d’espace, tant dans l’esprit que dans le corps. D’ailleurs, son intégration séculaire dans de nombreuses traditions spirituelles n’est pas le fruit du hasard, puisque plus l’estomac est vide, plus l’esprit est rempli.

Il existe plusieurs méthodes de jeûne, plus ou moins drastiques. Cependant un seul jour de cure à base de jus de fruits et de légumes suffit pour mettre les intestins au repos et purifier le corps

Le jeûne n’est certes pas un remède miracle, mais il permet de trouver un nouvel équilibre alimentaire et d’évoluer vers la découverte de soi et la prise de conscience.

« je suis revenu à la vie lorsque mon âme et mon corps se sont aimés et unis. » KAHLIL GIBRAN

ICI ET MAINTENANT

Si le temps s’accommode volontiers de ne pas avoir de lieu attaché, un lieu vit à travers le temps. Tant celui qu’il fait dehors que celui qui s’écoule et que l’homme a posé dans une montre pour en définir son tempo. Tant celui de la nuit que du jour, du soleil ou de la pluie. Chaque lieu est marqué des empreintes du temps qu’il a laissé filer derrière lui, de la première pierre posée à celle qui la remplacera peut-être, une sorte d’éternité bien à lui.

Pourtant, la meilleure façon de vivre pleinement un lieu est de le vivre au présent. Se poser, le regarder, le laisser devenir maître de notre environnement, nous envahir de sa présence pour que nous et lui ne fassions plus qu’un. N’a-ton jamais ressenti ce sentiment d’un déjà vu, d’avoir foulé une terre qui nous est pourtant inconnue, de reconnaître cette pierre de meulière ou cette chaux que l’on peut à présent toucher de la main, effleurer du regard, et pourtant savoir que nous ne sommes qu’en train de conjuguer au présent ?

Rien n’est plus ressourçant que de s’approprier ce temps en un lieu choisi par notre coeur qui l’a élu avec toute l’évidence de l’instinct qui mène nos pas au quotidien, sans que l’on y fasse vraiment attention.

Car c’est bien de cela dont il s’agit, une immortalité de quelques instants.

Ici et maintenant

Ici ; comme chaque endroit où se pose l’instant. Maintenant ; comme si nous avions le pouvoir d’arrêter le sablier qui s’égrène et de maintenir dans nos mains les secondes du moment pour en profiter totalement.

Nous avons tous rêvé de cela. Et si ce rêve n’en n’était pas un ? Là, à cet instant précis où vos yeux sont posés sur ces lignes écrites au fusain du plaisir, si vous arrêtiez le temps pour ne le consacrer qu’à vous ?

Chut… Ne dites et n’entendez plus rien d’autre que le battement de votre coeur qui s’est ralenti instinctivement pour n’être plus que la perception d’un écho du battement précédent. Posez vous, fermez les yeux, et laissez vous évader là où vous sauriez être dans cette seconde éternelle.

Voilà, c’est de ce moment là qu’il s’agit. De ce moment qui n’appartient qu’à soi, dans cet endroit particulier dont vous seul avez la clef. Vous y êtes et, promis, le visiteur que vous pourriez laisser rentrer toquera trois fois à la porte de votre âme qu’il vous a ouverte l’espace d’un présent.

C’est vous qui décidez.

Il est temps alors à l’auteur de s’en aller, « présent  » après tout ne veut il pas dire cadeau ? Et le plus beau des cadeaux n’est-il pas de recevoir un peu de temps en trop, dans ces journées souvent emplies de lieux et d‘instants que nous n’avons pas choisis ? Et si s’isoler des bruits du monde commençait par … ici et maintenant ?

Julien Orset-Dussart