FAIRE PLACE AU CALME ET A L’ESPACE

« Un esprit sain dans un corps sain ». Cette maxime universelle peut également être lue en sens inverse.

Il est important de comprendre comment le corps et l’esprit s’influencent mutuellement. Outre une bonne digestion des aliments, il est tout aussi essentiel de pouvoir « digérer » les problèmes émotionnels.

Plus vous serez en mesure de pardonner aux autres et à vous même, d’accepter certaines situations, de vous en remettre à la vie et de surveiller vos limites, moins vous serez stressé.

Le stress de longue durée peut entraîner une prise de poids.

Comment vous libérer de pensées et de sentiments qui vous rongent ? En cherchant le calme, par la méditation, la promenade, le yoga, l‘hypnose

Le calme est un besoin primaire propice à la réflexion, au repos, à la création. Il s’agit donc donc d’un ingrédient essentiel de notre alimentation spirituelle. Sans calme et sans détente, nous perdons notre vitalité.

Une maison bien rangée donne une sensation d’espace et d’apaisement. Le jeûne est également créateur d’espace, tant dans l’esprit que dans le corps. D’ailleurs, son intégration séculaire dans de nombreuses traditions spirituelles n’est pas le fruit du hasard, puisque plus l’estomac est vide, plus l’esprit est rempli.

Il existe plusieurs méthodes de jeûne, plus ou moins drastiques. Cependant un seul jour de cure à base de jus de fruits et de légumes suffit pour mettre les intestins au repos et purifier le corps

Le jeûne n’est certes pas un remède miracle, mais il permet de trouver un nouvel équilibre alimentaire et d’évoluer vers la découverte de soi et la prise de conscience.

« je suis revenu à la vie lorsque mon âme et mon corps se sont aimés et unis. » KAHLIL GIBRAN

ICI ET MAINTENANT

Si le temps s’accommode volontiers de ne pas avoir de lieu attaché, un lieu vit à travers le temps. Tant celui qu’il fait dehors que celui qui s’écoule et que l’homme a posé dans une montre pour en définir son tempo. Tant celui de la nuit que du jour, du soleil ou de la pluie. Chaque lieu est marqué des empreintes du temps qu’il a laissé filer derrière lui, de la première pierre posée à celle qui la remplacera peut-être, une sorte d’éternité bien à lui.

Pourtant, la meilleure façon de vivre pleinement un lieu est de le vivre au présent. Se poser, le regarder, le laisser devenir maître de notre environnement, nous envahir de sa présence pour que nous et lui ne fassions plus qu’un. N’a-ton jamais ressenti ce sentiment d’un déjà vu, d’avoir foulé une terre qui nous est pourtant inconnue, de reconnaître cette pierre de meulière ou cette chaux que l’on peut à présent toucher de la main, effleurer du regard, et pourtant savoir que nous ne sommes qu’en train de conjuguer au présent ?

Rien n’est plus ressourçant que de s’approprier ce temps en un lieu choisi par notre coeur qui l’a élu avec toute l’évidence de l’instinct qui mène nos pas au quotidien, sans que l’on y fasse vraiment attention.

Car c’est bien de cela dont il s’agit, une immortalité de quelques instants.

Ici et maintenant

Ici ; comme chaque endroit où se pose l’instant. Maintenant ; comme si nous avions le pouvoir d’arrêter le sablier qui s’égrène et de maintenir dans nos mains les secondes du moment pour en profiter totalement.

Nous avons tous rêvé de cela. Et si ce rêve n’en n’était pas un ? Là, à cet instant précis où vos yeux sont posés sur ces lignes écrites au fusain du plaisir, si vous arrêtiez le temps pour ne le consacrer qu’à vous ?

Chut… Ne dites et n’entendez plus rien d’autre que le battement de votre coeur qui s’est ralenti instinctivement pour n’être plus que la perception d’un écho du battement précédent. Posez vous, fermez les yeux, et laissez vous évader là où vous sauriez être dans cette seconde éternelle.

Voilà, c’est de ce moment là qu’il s’agit. De ce moment qui n’appartient qu’à soi, dans cet endroit particulier dont vous seul avez la clef. Vous y êtes et, promis, le visiteur que vous pourriez laisser rentrer toquera trois fois à la porte de votre âme qu’il vous a ouverte l’espace d’un présent.

C’est vous qui décidez.

Il est temps alors à l’auteur de s’en aller, « présent  » après tout ne veut il pas dire cadeau ? Et le plus beau des cadeaux n’est-il pas de recevoir un peu de temps en trop, dans ces journées souvent emplies de lieux et d‘instants que nous n’avons pas choisis ? Et si s’isoler des bruits du monde commençait par … ici et maintenant ?

Julien Orset-Dussart

REVENIR A L’ESSENTIEL

Quelqu’un m’a dit récemment : « Les jeunes d’aujourd’hui sont comme les hippies des années 60 : ils sont idéalistes et croient sincèrement en un monde meilleur »

Une nouvelle génération « flower power », en quelque sorte, mais beaucoup moins désincarnée. Elle ne cherche plus à réaliser ses idéaux en partant au bout du monde dans un monde dans un minibus peinturluré, en chemise à fleurs et pantalons pattes d’ef.

La jeunesse d’aujourd’hui construit ses idéaux à la maison, au travail, dans son quartier, dans la vie quotidienne. Et il semble bien qu’elle ait transmis son idéalisme réaliste au reste de la société.

Je le constate jusque dans nos façons de parler. Le « cocooning » à déjà quelques années, l’art de vivre « hygge » entre dans nos vies, mais je suis frappée aujourd’hui par l’utilisation récurrente d’expressions comme « avoir les pieds sur terre », « retrouver ses racines », « toucher terre »…

L’esprit de notre temps se reflète dans ce vocabulaire : nous ne planons plus, nous sommes revenus sur terre.

De plus en plus les gens habitent leur corps, écoutent leurs ressentis.

Sur le plan spirituel, cela signifie qu’aucune règle ne nous impose telle ou telle croyance. Nous choisissons notre propre style, mélangeons librement des éléments appartenant à différentes traditions religieuses et personne n’y trouve à redire.

Une autre valeur qui revient en force, le don.

Faire ou donner quelque chose sans rien attendre en retour, simplement par ce que c’est plus agréable de partager que de tout garder pour soi.

Merci la crise !

Dépassée la soif de profit de ces dernières décennies vivre le troc, le vintage. Out le lisse, le clinquant ; vive les tissus décolorés et froissés.

Même les individualistes invétérés, qui se considèrent comme des stars ou des héros, aspirent à nouveau à entrer en relation. Cette soif de liens, de solidarité, on la sent, on la voit. Pas seulement sur Facebook ou les réseaux sociaux, mais aussi dans le monde réel.

Dans les boutiques et les restaurants, les vendeurs et les serveurs nous accueillent chaleureusement et joyeusement.

De plus en plus de gens se sentent véritablement reliés au monde. Ils veulent donner du sens à ce qu’ils font, à ce qu’ils achètent, à ce qu’ils mangent, à ce qu’ils portent.

Ils refusent que des animaux soient maltraités pour que le poulet rôti coûte moins cher au supermarché.

Les bulles dans lesquelles nous avons plané pendant des années ont éclaté. Nous avons l’impression d’atteindre un lieu authentique, en adéquation avec notre propre personnalité.

Et si ce n’est pas encore le cas, nous le recherchons avec ferveur, car nous savons que ce lieu existe.

Nous voulons revenir à l’essentiel. Nos égo démesurés ont un peu rétréci. Ils se sont un peu dégonflés.

Nous accueillons notre enfant intérieur, mais aussi notre ombre et notre inconscient. Nous prenons soin de notre côté joyeux, léger, spirituel, tout en acceptant notre côté sombre, lourd, matériel.

Nous reconnaissons notre vulnérabilité, notre manque d’assurance et nos doutes sur nous mêmes.

Et tout cela nous apporte des bénéfices inattendus. C’es un thème important dans les contes de fées : sous la terre, au pays des nains ou des crapauds, se cache un trésor.

Cette image signifie que si l’être humain accepte aussi son autre facette, s’il ressent tout ce qu’il y a à ressentir, alors il se réveille.

Sa conscience grandit. Il ouvre les yeux sur la beauté et le sacré du monde, à travers toute son imperfection.

JOURNEE DES DROITS DE LA FEMME

« J’avais un petit ami qui m’a dit que je ne réussirai jamais, que je ne serai jamais nominée pour un Grammy, que je n’aurai jamais de succès et qu’il espérait que j’échouerai.

Je lui ai dit : Un jour quand nous ne serons plus ensemble, tu ne pourras pas commander un seul p*tain de café sur cette terre sans m’entendre, ou me voir. »

LADY GAGA

Un jour un homme m’a dit une orchidée c’est comme une femme, elle doit souffrir pour être belle.

MERCI

C’est grâce à toutes ces réflexions qu’aujourd’hui encore je suis très fière d’être une femme, que je l’assume, et que je revendique ma féminité.

Mesdemoiselles(je n’ai plus le droit de le dire), Mesdames, n’oubliez jamais que la féminité n’a aucune limite. Devenez, soyez et restez fières de ce que vous êtes.

« Alors tu sais quoi; Les poupées,les gonzesses, les cailles, les gourdes, les bécasses, les poules, les pisseuses, les donzelles, les grognasses, les bécasses, les cocottes, les pimbêches, les poufiasses, les mèmères, les rombières, les garces, les bougresses, les connasses, les emmerdeuses, les godiches, les punaises, les midinettes, les sainte nitouche, les trainées, les dindes, les grues, les radasses, les marie couche toi là, les blondasses, les morues, les cruches, les potiches, les cagoles, les pétasses on relève le museau et on se fait appeler MADAME« 

FLORENCE FORESTI

Je vous souhaite une très belle journée des droits de la femme

FAIRE DE LA PLACE

Les quarante jours de jeûne, entre Mardi gras et Pâques, constituent le Carême, un moment idéal pour l’introspection et le rangement. C’est également l’occasion de faire de la place pour de nouvelles opportunités.

Durant plusieurs siècles, le Carême était littéralement l’occasion de donner un bon coup de balai chez soi.

Si ce nettoyage de printemps n’est plus d’actualité chez la plupart des gens, respecter un rituel de rangement et de réflexion annuel n’est pas une mauvaise idée.

Cette envie qui nous vient à tous de temps en temps, est liée à un besoin de nous débarrasser de ce qui nous encombre et nous angoisse.

Quand nous voulons apprendre à mieux connaître quelqu’un, nous observons inconsciemment son intérieur. Pourquoi ne pas faire la même chose en sens inverse ? Pour apprendre à mieux vous connaître, observez votre intérieur d’un oeil neuf, en prenant le temps d’une journée, même d’un weekend, de faire le tour complet de votre maison.

Entrez dans la première pièce. Regardez autour de vous. Quelle atmosphère se dégage de cet espace ? Quelles couleurs sont utilisées ? Y-a-t-il beaucoup d’affaires ?

Fermez ensuite les yeux et respirez profondément : vous sentez -vous bien, ou au contraire vous sentez vous oppressé dans cette pièce ? Ouvrez les yeux et notez ce que vous êtes en train de regarder. Posez-vous les questions suivantes : pourquoi mes yeux sont attirés par cet objet en particulier ? En ai-je vraiment besoin ? M’est-il précieux ? Est-ce que je me sentirais mieux si je m’en débarrassais ou l’offrais à quelqu’un ?

Faites la même chose dans chaque pièce. Remettez en question chaque objet que vous voyez. Y tenez-vous vraiment , ou avez-vous juste peur de laisser le passé derrière vous ? De manquer de quelque chose ? Est-ce le désir de vous raccrocher à quelque chose ?

Rassemblez toutes les affaires dont vous n’avez plus besoin, et décidez de leur sort : allez vous les jeter ou les donner à une association ? Connaissez-vous quelqu’un qui les apprécierait ? Peut être même pourriez vous les vendre ?

Pour finir, essayez de voir ce que représentent ces objets dans leur ensemble et ce qu’ils disent du fardeau que vous portez en vous.

Lorsque vous vous débarrassez de ces affaires, défaites-vous également de ce fardeau. Laissez se dissiper vos anciennes frustrations et ouvrez vous à un nouveau souffle dans votre vie.

Ce qui reste sera utile à l’avenir

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TA PAROLE

« Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais toi »

La médisance est vieille comme le monde.Lorsqu’on lui disait : « Tu es au courant ? » , Socrate répliquait : « Attends un peu. Ce que tu vas me raconter, est-ce vrai ? Est-ce bien ? Est-il vraiment nécessaire que je le sache ? »

Si la réponse était trois fois non, le sage concluait : »Alors ne m’embête pas avec ça. »

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu. Ainsi débute la Bible.

Cela signifie que notre monde et notre réalité sont créés par la parole, que les mots ont un pouvoir créateur.

Nos mots construisent des mondes, ou les détruisent. D’un mot, on peut couper les ailes à quelqu’un ou lui en donner.

Faites donc l’expérience : remplissez deux bols de riz et posez les sur un meuble. Pendant une semaine, adressez plein de mots gentils au riz contenu dans l’un des bols, et accablez l’autre de méchancetés.

Vous serez étonné par le résultat : le « gentil » riz s’abîme moins vite que le « méchant ».

Si cela marche avec un bol de riz, imaginez l’effet que les mots peuvent avoir sur les gens…

LES VENTS DU CHANGEMENT

Dans la vie, tout ne se passe pas toujours comme prévu. Parfois le vent tourne et nous bouscule.

Comment manoeuvrer les voiles pour ne pas chavirer ?

Un vagabond arrive en sifflotant au bord d’une rivière. Il voudrait la traverser. Malheureusement, le pont s’est effondré. Il n’y a aucun bateau en vue et l’eau est trop profonde pour s’y risquer. Notre homme considère la situation, fait demi tour et reprend le chemin par lequel il est arrivé aussi gaiement qu’au début de l’histoire. Il n’a pas cessé e siffloter un seul instant.

C’est le scénario idéal : je m’adapte quand un obstacle se présente sur mon chemin, je fais preuve de souplesse quand les événements prennent une tournure inattendue, je lance sereinement le plan B quand les choses ne se passent pas comme prévu.

Hum… Pour la plupart d’entre nous ce n’est pas aussi facile. Difficile d’encaisser un changement de cap forcé sans broncher. Nous arrêtons de siffloter, nous sursautons, nous nous mettons en colère, nous nous révoltons. Nous nous demandons : pourquoi moi ?

L’incroyable beauté de la vie

Facile à dire quand on a juste une bonne grippe et qu’on est sûr d’être bientôt sur pieds. La psychologue Bieke Vandekerckhove, elle, est atteinte d’une maladie neuromusculaire incurable. L’annonce de la maladie lui a fait l’effet d’une bombe. Tout ce en quoi elle croyait était réduit à néant. Sa vision du monde avait volé en éclats. Mais après un certain temps, elle a commencé à y voir une libération, « mieux encore, ce qui me terrorisait le plus au départ s’avéra par la suite le plus libérateur. L’effondrement de mon système de pensée constitua un bouleversement plus radical que la maladie elle même. A tel point que j’oserais presque dire : heureusement que cette bombe a explosé. Je ne veux plus jamais me retrouver enfermée dans le carcan des idées toutes faites. Ce qui m’apparaissait d’abord comme un vide mortifère s’est transformé par la suite en un éblouissement vivifiant. »

Loin d’elle l’idée de minimiser la situation : c’est terrible de savoir qu’on ne guérira pas. Il serait idiot d’affirmer que la maladie et les autres épreuves de la vie sont des bénédictions. Pourtant elle écrit : « Je n’ai jamais vécu aussi intensément que durant l’année qui devait être la dernière de mon existence. Pas au tout début, c’est vrai. J’ai d’abord été accablée par le désespoir. Et c’est encore le cas parfois. Mais ce désespoir était quelquefois traversé par des moments de pure émotion : les odeurs de la nature après l’averse, le murmure du vent dans les arbres, le chant d’un ruisseau, le pépiement des oiseaux… En voyant tout cela pour ce que je pensais être la première fois. Je découvrais les choses dans leur incroyable-je dirai même-choquante beauté. »

C’est un peu comme si le brouillard se dissipait, découvrant la vraie vie. La maladie mais aussi d’autres épreuves font parfois ce genre d’effet. Les crises de l’existence sont l’occasion d’accéder à des couches plus profondes.

Notre égo pousse à chercher des repères à l’extérieur, mais dans les périodes de crise, nous nous apercevons que nous avons en nous une base qui nous porte dans les moments les plus difficiles et les plus bouleversants. On parvient ainsi à une dimension d’être ou l’on fait l’expérience du vide et de l’espace. Ou dans une dimension d’essentiel, avec un puissant sentiment d’amour ou de compréhension.

Au coeur de la crise, on a tendance à lutter, à fuir ou à rester paralysé. En évitant ce genre de réaction et en prêtant attention à ce qui se passe, en se mettant au diapason de ses émotions et en les vivant véritablement, on peut percevoir le changement qui s’opère à l’intérieur. Il se manifeste aussi dans nos relations et dans notre regard sur le monde. On se rend compte que cette couche profonde de notre identité possède assez d’intelligence, d’amour et de réconfort pour nous aider à traverser les périodes difficiles. Nous avons en nous beaucoup plus que ce que nous croyons.

Heureusement la vie ne distribue pas que des coups durs, parfois ce sont de petites tapes presque amicales / une contrariété, un blocage de notre élan de vie, une irritation un peu comme un pull qui gratte et qu’on ne peut pas enlever tout de suite.

Quelques exemples : vous aviez organisé une petite fête dans le jardin, et il pleut à verse. Un collègue obtient la promotion que vous briguiez depuis des mois. Tous est prêt pour le départ en vacances et la voiture ne veut pas démarrer. Vous vous êtes disputé avec un ami et vous êtes persuadé d’avoir raison.

Impossible de changer les circonstances, c’est donc en vous qu’il va falloir engager un changement pour libérer votre énergie vitale.

On ne peut pas changer la direction du vent, mais on peut changer la position des voiles.

Dans le tarot, c’est ce que symbolise la carte du pendu : un homme attaché par un pied à un arbre, la tête en bas, avec une auréole autour de la tête. Si cette carte représente l’arrêt forcé, sa signification est loin d’être aussi négative qu’on pourrait le penser à première vue. Cette auréole n’est pas là par hasard : elle suggère que l’on peut trouver la lumière en acceptant qu’une situation soit sans issue. C’est justement cette acceptation qui permet au changement de se produire. Lorsqu’on admet son impuissance, une solution se présente tôt ou tard.

Résultat : vous ferez la fête bien à l’abri dans la maison. Vous comprenez que tout compte fait il vaudrait mieux changer de travail. Vous reportez tranquillement le départ en vacances au lendemain. Vous découvrez que votre amitié est plus importante à vos yeux que le fait d’avoir raison.

L’ego hors jeu

Quelques semaines après le tremblement de terre et le tsunami qui ont dévasté le japon en 2011, Anne, professeur d’anglais installée à Sendaï écrivait : « Nous dormons tous dans la même pièce, nous mangeons tous à la lumière des bougies et nous nous racontons des histoires. » Elle habite l’une des villes les plus touchées par la catastrophe. « Il règne une atmosphère chaleureuse et amicale. La journée, nous nous entraidons pour enlever les décombres. Lorsque l’eau courante revient chez l’un d’entre nous, il en informe les autres pour qu’ils puissent venir remplir des jerrycans. Personne n’essaie de voler ou de resquiller. La nuit les gens laissent la porte ‘entrée ouverte, c’est plus sûr en cas de nouvelles secousses. Les gens disent « autrefois c’était toujours comme ça, on s’entraidait. » Je savoure la vie dans son essentiel, avec mon intime intuition. Chaque jour je vais voir si l’électricité est revenue dans ma maison et je trouve parfois de la nourriture et des boissons sur le pas de ma porte. Je ne sais pas qui les a déposés là. Les gens demandent à des inconnus s’ils ont besoin d’aide. Un énorme changement est en train de s’opérer ici et je sens mon coeur s’ouvrir en grand. »

La lettre d’Anne a circulé sur internet et les sceptiques se demanderont si tout cela est bien vrai.

Moi, j’y crois sincèrement. Lorsqu’on a vécu une expérience dramatique, on connaît cet effet. Il se manifeste aussi parfois lorsqu’on perd un être cher. Tout ce qui est superficiel disparaît remplacé par une sorte de simplicité bénie. Le temps paraît s’arrêter et on vit tout plus intensément. Chacun exprime le meilleur de soi. Un peu comme si dans ces moments là notre ego était si impressionné qu’il se faisait tout petit. C’est exactement ce qu’il se passe lorsque la vie nous donne un coup : notre ego est temporairement hors jeu. L’ego n’aime pas ça du tout, il se met parfois à bouder, à râler,ou à s’étioler. Mais quelque chose de plus profond peut s’épanouir en nous.

Combien de gens disent avoir vécu une sérieuse crise dans leur vie et affirment, après coup, que c’est la meilleure chose qui pouvait leur arriver ? Un burn out, une maladie grave, une dépression, un licenciement : le vent à tourné si violemment qu’ils ont du reconsidérer toute leur vie. Avant la crise ils travaillaient énormément, couraient après leur vie, aveuglés par leurs oeillères, le regard fixé sur leurs objectifs. L’épreuve qu’ils ont vécu les a rendu plus calmes, plus ouverts, plus libres et plus heureux. Ils entretiennent de meilleures relations avec les autres car ils ont appris à les apprécier d’avantage.

Parfois, nous provoquons nous même la crise, c’est notre faute. Nous avons fait des choix déraisonnables et nous sommes confrontés à leurs conséquences. je me retrouve sur la paille parce que j’ai trop dépensé, mon conjoint me quitte parce que je l’ai trompé. On se demande comment on a pu laisser aller les choses si loin.

Or un pouvoir plus grand est peut être à l’oeuvre.Selon Carl Gustav Jung, l’inconscient aspire toujours à créer une situation impossible pour forcer l’individu à donner le meilleur de lui même… Sinon, nous nous satisferions de moins, nous ne serions pas accomplis, nous ne nous épanouirions pas complètement.

Il faut qu’une situation impossible nous force à abandonner notre volonté et notre faculté de penser, et à ne rien faire d’autre que de nous en remettre à la force impersonnelle de la croissance et du développement.

Donc même lorsque nous comprenons très bien, que nous nous sommes mis nous mêmes dans le pétrin, notre ego n’est peut être pas le seul responsable. Autrement dit, notre inconscient essayait peut être de nous dire quelque chose.

Au fond de nous nous voulions grandir, explorer un nouveau stade de développement, ce qui était impossible dans la situation dans laquelle nous étions. Il fallait donc que quelque chose change, de gré ou de force.

A présent il faut faire appel à notre identité profonde pour remonter la pente. Des années plus tard, peut être direz vous c’était une période tellement difficile, mais j’en suis sorti plus fort et plus sage.

L’effet n’est pas immédiat, la souffrance est inévitable. Il en est ainsi, toute naissance, tout nouveau départ, implique une certaine souffrance. Il faut vraiment vivre toutes ses émotions. Il y a des gens qui disent trop vite : cela me servira de leçon. C’est un piège, on brûle les étapes.

C’est en descendant tout au fond de l’expérience qu’on peut rebondir. Il faut donc accepter tout ce qui vient, y compris les émotions. On les traverse, et ensuite on peut les laisser derrière soi.

En fait, cette attitude signifie : j’autorise la vie à me donner un coup, il me fait peur, il me déplaît, mais je l’accepte. C’est une question de sagesse. Car la vie distribue les coups, que nous le voulions ou non. Y voir une chance de grandir, s’adapter, suivre le courant, cela facilite grandement les choses. Comme ce vagabond qui arrive au bord de la rivière en sifflotant de plus belle si la voie est sans issue. Il trouvera bien un autre chemin.