REVENIR A L’ESSENTIEL

Quelqu’un m’a dit récemment : « Les jeunes d’aujourd’hui sont comme les hippies des années 60 : ils sont idéalistes et croient sincèrement en un monde meilleur »

Une nouvelle génération « flower power », en quelque sorte, mais beaucoup moins désincarnée. Elle ne cherche plus à réaliser ses idéaux en partant au bout du monde dans un monde dans un minibus peinturluré, en chemise à fleurs et pantalons pattes d’ef.

La jeunesse d’aujourd’hui construit ses idéaux à la maison, au travail, dans son quartier, dans la vie quotidienne. Et il semble bien qu’elle ait transmis son idéalisme réaliste au reste de la société.

Je le constate jusque dans nos façons de parler. Le « cocooning » à déjà quelques années, l’art de vivre « hygge » entre dans nos vies, mais je suis frappée aujourd’hui par l’utilisation récurrente d’expressions comme « avoir les pieds sur terre », « retrouver ses racines », « toucher terre »…

L’esprit de notre temps se reflète dans ce vocabulaire : nous ne planons plus, nous sommes revenus sur terre.

De plus en plus les gens habitent leur corps, écoutent leurs ressentis.

Sur le plan spirituel, cela signifie qu’aucune règle ne nous impose telle ou telle croyance. Nous choisissons notre propre style, mélangeons librement des éléments appartenant à différentes traditions religieuses et personne n’y trouve à redire.

Une autre valeur qui revient en force, le don.

Faire ou donner quelque chose sans rien attendre en retour, simplement par ce que c’est plus agréable de partager que de tout garder pour soi.

Merci la crise !

Dépassée la soif de profit de ces dernières décennies vivre le troc, le vintage. Out le lisse, le clinquant ; vive les tissus décolorés et froissés.

Même les individualistes invétérés, qui se considèrent comme des stars ou des héros, aspirent à nouveau à entrer en relation. Cette soif de liens, de solidarité, on la sent, on la voit. Pas seulement sur Facebook ou les réseaux sociaux, mais aussi dans le monde réel.

Dans les boutiques et les restaurants, les vendeurs et les serveurs nous accueillent chaleureusement et joyeusement.

De plus en plus de gens se sentent véritablement reliés au monde. Ils veulent donner du sens à ce qu’ils font, à ce qu’ils achètent, à ce qu’ils mangent, à ce qu’ils portent.

Ils refusent que des animaux soient maltraités pour que le poulet rôti coûte moins cher au supermarché.

Les bulles dans lesquelles nous avons plané pendant des années ont éclaté. Nous avons l’impression d’atteindre un lieu authentique, en adéquation avec notre propre personnalité.

Et si ce n’est pas encore le cas, nous le recherchons avec ferveur, car nous savons que ce lieu existe.

Nous voulons revenir à l’essentiel. Nos égo démesurés ont un peu rétréci. Ils se sont un peu dégonflés.

Nous accueillons notre enfant intérieur, mais aussi notre ombre et notre inconscient. Nous prenons soin de notre côté joyeux, léger, spirituel, tout en acceptant notre côté sombre, lourd, matériel.

Nous reconnaissons notre vulnérabilité, notre manque d’assurance et nos doutes sur nous mêmes.

Et tout cela nous apporte des bénéfices inattendus. C’es un thème important dans les contes de fées : sous la terre, au pays des nains ou des crapauds, se cache un trésor.

Cette image signifie que si l’être humain accepte aussi son autre facette, s’il ressent tout ce qu’il y a à ressentir, alors il se réveille.

Sa conscience grandit. Il ouvre les yeux sur la beauté et le sacré du monde, à travers toute son imperfection.